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GREEN - INVEST

La flambée du prix du mazout aidant, il devient de plus en plus intéressant de s’intéresser à d’autres filières énergétiques moins coûteuses. Fidèle à sa réputation d’entrepreneur au flair certain et à la fibre verte, il eût donc été étonnant de ne pas trouver traces de Laurent Minguet sur ce terrain. Outre ses activités dans la construction d’habitations durables, le liégeois a aussi pris part au démarrage d’une initiative qui après quelques mois d’existence semble déjà promise à un bel avenir.

Il est, en effet, actionnaire de la société Green-Invest, aux côtés de Sherpa, un fonds d’entreprise dépendant de L’Erasmus Business Innovation Center et des deux fondateurs, Emmanuel Berryer et Jehan Delacroix. Leur domaine d’activité ? La filière du chauffage à bois sous forme de pellets (sciure de bois comprimée) ou de copeaux. Un monde de chauffage devenue rentable depuis que le prix du mazout a doublé en deux ans mais peu utilisé parce qu’il demande de gros investissements en terme d’installation, résume Emmanuel Berryer. Nous avons donc décidé de remettre au goût du jour, une idée qui existe depuis longtemps, celle du tiers-investisseur. Le principe est assez simple : investir pour le compte d’un tiers et se rémunérer sur les économies engendrées. Concrètement, le remplacement d’une chaudière à mazout par une chaudière à bois engendre des économies de l’ordre de 40%. Nous prenons donc à notre charge l’investissement que représente l’installation de la nouvelle chaufferie et durant 15 ans, nous nous remboursons en partageant  avec notre client, l’économie qu’il réalise, explique Jehan Delacroix. In fine, le client fait d’office une économie de 10% et après 15 ans lorsqu’il devient entièrement propriétaire de son installation, il bénéficie de l’entièreté des 40% d’économies réalisées par rapport au chauffage au mazout. A priori, c’est une offre qu’on ne peut pas refuser.

Les écoles sont ciblées
Et pourtant, les freins à ce qui paraît être un système qui peut rapporter gros existent. Il faut d’abord initier un cercle vertueux. Le consommateur n’investi pas dans la chaudière à bois, entre autres, parce qu’il ne sait pas comment s’approvisionner et le circuit de distribution ne se met pas en place parce qu’il n’y a pas encore de clients. Il faut bien qu’un des deux pôles se développe, reprend Emmanuel Berryer. Depuis quatre mois, Green-Invest parcourt donc le pays à la recherche de personnes intéressées. Cibles prioritaires : les écoles et les communes. Dans notre business plan, nous avons calculé qu’il fallait nous adresser aux consommateurs de minimum 80.000 litres de mazout par an mais nous allons peut-être baisser ce seuil à 50.000 litres parce que nous nous rendons compte qu’en milieu rural, 80.000 litres c’est beaucoup. L’idée c’est d’installer une chauffagerie centralisée, un réseau de chaleur pour plusieurs bâtiments qui sont proches l’un de l’autre, comme cela se fait en Scandinavie, continue l’entrepreneur.

Avec déjà quelques réalisations concrètes à la clé. A Beauraing, par exemple, on fédère quinze bâtiments qui consomment ensemble 150.000 litres de mazout par an. On va y chauffer des bâtiments communaux et privés grâce à la même chaudière. C’est une fameuse économie d’échelle. On devine que plus d’un particulier serait intéressé. Oui, il y a un réel intérêt de ce côté-là mais nous ne nous adressons pas encore aux petits consommateurs. Ou alors s’ils sont rassemblés dans une barre d’immeubles qui regroupent des centaines d’appartements. Pour le moment, Green-Invest fait œuvre de pionnier en la matière avec toutes les contraintes, obstacles et difficultés que cela suppose. Mais les deux hommes ne doutent pas un seul instant de l’avenir de leur initiative. De toute façon, les gens vont être obligés de trouver des solutions. Déjà, les audits énergétiques des bâtiments qui vont avoir lieu dans les trois régions vont sans doute ouvrir quelques yeux. Ils pourront alors se féliciter d’avoir été les premiers sur la balle.